Psycho Sexotherapie 83

Quand faut-il se séparer ? Les signes qui montrent qu’il est temps de partir

La vie de couple n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est faite de vagues, de crises nécessaires et de réajustements. Mais parfois, la crise ne débouche pas sur un renouveau, elle s’installe et s’éternise. Une question douloureuse commence alors à germer, d’abord en sourdine, puis de plus en plus fort : « Est-ce qu’il faut qu’on se sépare ? »

Prendre la décision de rompre est rarement un coup de tête. C’est un cheminement long, souvent jalonné de doutes, de culpabilité et de peurs. En tant que psychopraticienne et sexothérapeute, j’accompagne régulièrement des personnes ou des couples à ce carrefour de leur vie.

Alors, comment savoir si votre couple traverse simplement une mauvaise passe ou s’il est arrivé au bout de son histoire ? Voici les repères pour vous aider à y voir plus clair.

1 . L’indifférence a remplacé la colère

On pense souvent que les disputes incessantes sont le signe de la fin. Pourtant, tant qu’il y a de la colère, il y a de l’énergie, de la passion et une tentative (certes maladroite) de communiquer. Le vrai signal d’alarme, c’est l’indifférence. Quand vous n’avez plus l’énergie de vous disputer, que le comportement de l ‘autre ne vous atteint plus, ou que le silence s’est installé comme une chape de plomb, le lien est souvent déjà rompu. L’indifférence est le deuil silencieux de la relation.

2 .Le mépris s’est invité dans le couple

Selon le célèbre psychologue John Gottman, le mépris est le prédicteur numéro un du divorce. Si vous ou votre partenaire utilisez le sarcasme, le dénigrement, les yeux levés au ciel ou les insultes larvées, la relation devient toxique. Le respect est le socle de l’amour. Une fois que le respect est détruit, il est extrêmement difficile de reconstruire sur des ruines de dépréciation mutuelle.

3 . Le désert affectif et sexuel (et l’absence d’envie d’y remédier)

En tant que sexothérapeute, je vois beaucoup de couples traverser des périodes de baisse de désir. C’est normal. Ce qui l’est moins, c’est lorsque la dimension charnelle et affective a totalement disparu et, surtout qu’il n’y a plus aucun élan ni désir de retrouver cette intimité. Si l’idée de toucher votre partenaire ou d’être touché(e) par lui/elle vous provoque du dégoût, de l’ennui profond ou de l’anxiété, le corps exprime souvent ce que l’esprit n’ose pas encore admettre.

4 . Vous ne projetez plus votre avenir ensemble

Faites cet exercice d’imagination : où vous voyez-vous dans 5 ans ? Dans 10 ans ? Si, dans vos projections professionnelles, géographiques ou personnelles, votre partenaire n’apparaît plus, ou si sa présence dans ce futur vous procure un sentiment d’étouffement plutôt que de sécurité et de joie, c’est que vos chemins se sont déjà séparés mentalement.

5 . Vous restez pour de « mauvaises » raisons

Posez-vous honnêtement la question : « Si je fermais les yeux et que je pouvais partir, d’ un coup de baguette magique », sans aucune conséquence financière, familiale ou sociale, est-ce que je resterais ? » Si la réponse est non, cela signifie que vous restez par :

Peur de la solitude.

Peur du regard des autres ou du jugement familial.

Confort matériel ou financier.

« Pour les enfants »( qui rappelons-le, se construisent aussi en observant le modèle relationnel de leurs parents. La séparation est toujours difficile pour eux, mais un modèle de couple malheureux ou distant peut-être plus dommageable qu’une séparation réussie).

6 .Vous avez tout essayé (et vous êtes épuisé/e)

Une séparation devient légitime lorsque vous avez la certitude d’être allé(e) au bout de ce que vous pouviez donner. Si vous avez exprimé vos besoins, proposé des thérapies de couple, tenté de changer vos propres comportements, et que la situation reste figée, vous n’êtes plus un couple, vous êtes dans un combat épuisant et unilatéral. Se séparer, c’est parfois s’avouer vaincu par la situation, mais c’est aussi se choisir et se préserver.

Et maintenant ?

Prendre la décision de se séparer ne se fait pas en un jour. C’est un processus qui demande du courage. Il ne s’agit pas de savoir si vous aimez encore un peu l’autre (on peut aimer quelqu’un avec qui la vie commune est devenue destructive), mais de savoir si cette relation vous permet encore de vous épanouir et d’être serein(e).

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes et que vous vous sentez submergé(e) par le doute, la culpabilité ou la peur de sauter le pas, sachez que vous n’avez pas à porter ce poids seul(e). Un accompagnement thérapeutique, individuel ou en couple, peut vous aider à clarifier vos sentiments, à apaiser la transition et à poser des mots sur des maux pour vivre cette étape le plus sereinement possible.

Laetitia Santoni – Sexothérapeute & Psychopraticienne à Six-Fours-les-Plages.

 

 

 

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